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L’intégrale de l’œuvre pour clavier de Giovanni Battista Pescetti par Paolo Bottini

Pescetti: Complete Keyboard Music

Considérées comme des œuvres mineures, les sonates pour clavecin de Pescetti sont revisitées à l’orgue par . Il a choisi deux instruments historiques vénitiens pour colorer ces musiques qui font le lien entre baroque et style galant.

Giovanni Battista Pescetti est né à Venise en 1704 et a mené une brillante carrière de compositeur entre Venise et Londres. On lui doit plusieurs opéras, de la musique religieuse et deux livres de sonates pour le clavecin, ainsi que quatre sonates pour l’orgue. Mais la postérité n’a guère retenu son nom. C’est cet oubli que veut réparer  en proposant l’intégrale des sonates pour clavier. Publié en 1739 à Londres, le premier livre pour clavecin comprend dix sonates, forme typiquement italienne où l’on trouve encore quelques mouvements de danses issues de la suite, ainsi que des mélodies accompagnées. On sent poindre l’influence de Haendel et de Scarlatti, mais aussi les prémices du style galant. C’est ce nouveau style qui domine dans le deuxième livre de sonates, écrit vers 1755 dans une manière plus convenue et naïve, et resté sous forme manuscrite. Quatre sonates spécifiquement écrites pour l’orgue et comportant un seul mouvement (allegro) complètent ce corpus.

Paolo Bottini a l’excellente idée de jouer à l’orgue toutes ces sonates pour clavecin. S’appuyant sur la variété des jeux des orgues historiques choisis, il contourne tout risque de monotonie, particulièrement dans les reprises. Pour le livre de 1739, il a choisi l’orgue Nacchini de San Giorgio Maggiore à Venise, pour les sonates plus tardives l’orgue Nacchini de San Cassiano à Venise également, deux instruments très typés et magnifiquement restaurés, dont le livret nous donne avec précision toute la composition. Une seule de ces sonates est ici présentée au clavecin : la Sonate n° 10, dont l’allegro initial est une transcription de l’ouverture d’un opéra de Pescetti écrit à Londres, Il vello d’oro, et là encore on ne peut s’empêcher de penser à Haendel et aux transcriptions de ses opéras par William Babel.

Tout au long du programme, Paolo Bottini fait preuve d’un bel allant et d’une judicieuse inventivité dans le choix des jeux. En conclusion de la Sonate n° 1, un menuet enjoué permet d’apprécier la riche palette sonore de l’orgue Nacchini. Cet enregistrement nous montre comment, avec un grand sens des registrations et un jeu plein d’esprit, on peut rendre intéressante une musique assez convenue.